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Jérémy Ferrari, l’humoriste le plus bankable de France


Publié le 27 oct. 2022 à 7:00Mis à jour le 27 oct. 2022 à 9:57

« Il parle beaucoup », a gentiment prévenu son attachée de presse avant l’interview. Rien d’étonnant jusqu’ici. Le troisième one man show de Jérémy Ferrari actuellement à l’affiche, « Anesthésie générale », dure 3 h 45. Comme à son habitude, il n’est pas tendre avec le monde médical. Et spoiler, la pandémie pas tout à fait derrière nous, on n’en sort pas indemne.

Après avoir joué dans 130 villes en près de quatre ans, l’artiste de 37 ans n’est toujours pas rassasié. Ce jeudi 27 octobre 2022, il repart pour une tournée de 30 spectacles dans les Zéniths de France, qui se clôturera en mars 2024, avec deux dates à l’Accor Arena de Bercy (capacité de 18.000 places assises). Les humoristes qui ont tenté ce pari sont rares. « Je me demandais ce que je n’avais pas encore offert à mon public… je me suis dit que c’était un beau cadeau et je leur réserve des surprises, ça va être fou ! »

Le soir au théâtre, la journée vendeur chez Orange

Il faut dire qu’il revient de loin et ne boude pas son plaisir. Quinze ans plus tôt, alors qu’il débute, il joue pendant deux ans au théâtre de la Providence, dans le 19e arrondissement de Paris, 40 places, et jamais devant la salle comble. « Chaque soir, c’était le même cirque, mes potes rameutaient des gens dans la rue pour la remplir », se souvient-il aujourd’hui dans son bureau cossu du 17e arrondissement, coiffé et rasé de près.

A l’époque, c’est lui qui loue la salle, et il perd de l’argent. Son salaire de vendeur chez Orange lui permet à peine de se maintenir la tête hors de l’eau. Mais ce poste, décroché en mentant sur son CV, lui permet de voyager pour la première fois hors de France. Elu meilleur vendeur, ce tchatcheur invétéré gagne un séjour dans un palace en Grèce. Encore aujourd’hui, la fierté brille dans ses yeux noirs.

Jérémy Ferrari vit, à ce moment-là, à Noisy-le-Sec en Seine-Saint-Denis et dort en doudoune parce qu’il n’a pas assez de sous pour réparer son carreau cassé, en plein hiver. « C’était difficile, je suppliais ma banquière tous les deux jours de me laisser retirer 20 euros alors que j’étais à découvert ! J’espère qu’elle a toujours son travail.. (rires) »

Plus rien à perdre

Criblé de dettes, le comédien est à deux doigts de tout lâcher pour s’enfuir au Mexique. Là-bas, un de ses potes a un plan comme rabatteur de boîte de nuit, et ça paie bien. Mais, juste avant de prendre ses billets d’avion, on lui parle de l’émission « On n’demande qu’à en rire » sur France 2, animée par Laurent Ruquier. Il s’inscrit, se fait prêter des chaussures et se lance : « Je n’avais plus rien à perdre. »

Contre toute attente, le jury et le public rient. A 25 ans, il obtient le premier 17/20 de sa vie. Une note qui marque celui qui a eu un parcours scolaire « désastreux ». Après négociation avec ses parents et le bon mot d’un prof (« même s’il arrive à décrocher le bac, votre fils n’en fera rien ! »), Jérémy Ferrari quitte le lycée à 16 ans, avec fracas et sans diplôme. La contrepartie : il finance ses études aux Cours Florent, à Paris. Même là, il n’a toujours pas le profil du bon élève. On lui fait comprendre que la comédie est un « sous-art ».

« J’avais la dalle »

Des années plus tard, la production de France télévisions, elle, mise sur le rire et lui demande de revenir. Toutes les semaines, puis deux fois par semaine. Une aubaine à 150 euros le sketch. « Même pour une carte téléphonique Orange de 30 euros j’aurais dit ‘oui’, j’avais la dalle ! » Chouchou du public, il devient alors un des pensionnaires les plus assidus du plateau (77 passages en solo en deux ans).

« C’est un surdoué pétri de doutes qui bosse énormément pour se rassurer », résume son ami depuis vingt ans, partenaire de jujitsu et désormais associé, Mickaël Dion. Ils ont tout construit ensemble, aux forceps. Avec leurs six entreprises créées à partir de 2013, l’ex-informaticien et l’ex-vendeur de téléphones couvrent maintenant tous les métiers autour du spectacle : de la production à l’événementiel, en passant par les sons et lumières.

« Dark Smile » but shiny business

S’embarquer dans autant de business n’était pas prévu. Mais le succès oblige (300.000 places vendues pour son deuxième spectacle « Vends un deux-pièces à Beyrouth »), l’humoriste et son acolyte ont dû se plonger dans les petites lignes de ses contrats. « D’un coup quand un artiste réussit et qu’il y a de l’argent à se faire, il y a plein de gens qui arrivent et se disent indispensables ! Je voulais comprendre où allait l’argent », ironise Jérémy Ferrari.

C’est un surdoué pétri de doute qui bosse énormément pour se rassurer

Mickaël Dion, Ami de longue date, partenaire de jujitsu et associé de ses six sociétés

Lui veut limiter les intermédiaires, aussi pour « proposer le prix le plus juste à [s] on public ». Une forme d’engagement pour celui qui ne vote jamais et n’a aucune confiance en la classe dirigeante. Alors, il applique ce mantra à la lettre pour les nombreux produits en vente sur son site web : deux livres, deux spectacles, un documentaire en streaming, un jeu de société, une émission télévisée, un festival d’humour et deux DVD. Sur le recto de l’un d’eux, l’humoriste explique par en BD pourquoi cet article coûte tant. « Il ne faut pas prendre les gens pour des cons ! »

« Le contrat, c’est le rire »

L’ex-mauvais élève a désormais la réputation d’un bosseur pointilleux. A la fin de ses spectacles, il brandit un gros classeur avec toutes les ressources bibliographiques qu’il a utilisé pour écrire et le met à disposition. Cette proximité est peut-être la clé de sa relation exceptionnelle avec son public. Un lien qu’il entretient. Ce jour-là dans son bureau, il fait défiler, fièrement, son WhatsApp où les demandes de vidéos d’anniversaires de ses fans sont légion. « Je réponds à tout le monde. Pas dans la minute, mais gratuitement ! » Et toujours avec une dose de dérision : « Mon contrat avec le public c’est le rire. »

Survolté, Jérémy Ferrari, salle comble, aux Folies Bergères en juin 2022 pour son spectacle « Anesthésie générale ».

Survolté, Jérémy Ferrari, salle comble, aux Folies Bergères en juin 2022 pour son spectacle « Anesthésie générale ».TF1

Son goût pour l’humour cinglant, souvent provocant, toujours grinçant, Jérémy Ferrari le tient de sa mère. Sa vocation aussi. C’est elle qui lui montre pour la première fois, alors âgé de 10 ans, des cassettes d’humoristes. Les stars de l’époque : Pierre Palmade et Muriel Robin. « Des magiciens ! » De son père, qui avait une épicerie à Charleville-Mézières avant d’être contraint de vendre et devenir agent de sécurité à Auchan, son ancrage au réel.

Carpes japonaises, grande niche et GTA

Aujourd’hui, ses angoisses canalisées par ses une à trois heures de sport quotidiennes, il estime avoir trouvé un « bon fonctionnement » dans ses excès. Après sa tentative de suicide en pleine tournée en 2016 et une cure de désintox, il a été diagnostiqué « haut potentiel intellectuel » (HPI) avec un « trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité » (TDAH). On le dit aussi « obsessionnel compulsif » et « obsessionnel idéatif ». Un soulagement qu’il évoque longuement dans son show, même s’il dit être loin d’avoir trouvé la paix, voire d’être devenu un « peu chiant » depuis qu’il a arrêté de boire ses six litres de rosé journaliers.

Quand il n’est pas aux quatre coins du monde, ou au bureau, il s’accorde une soirée off pour jouer à GTA avec ses potes, dans sa maison dans l’Essonne. « J’ai un bassin, un grand jardin, mes deux chiens sont trop heureux ! Je viens de leur faire construire une grande niche ultramoderne où on peut se tenir debout, c’est assez dingue ! (rires) » Par amour des animaux en général, il est végétarien depuis un an.

Avec ou sans protéines animales, de l’énergie, cet hyperactif n’en manque pas. Depuis peu, il se lance dans le cinéma (deux longs métrages en production, et un court diffusé sur Canal+). Mais il ne délaisse la scène : une de ses sociétés vient de remporter l’appel d’offres de la mairie d’Aubervilliers pour reprendre la salle de spectacles de la ville. Lorsqu’il ne gère pas ses projets, il s’occupe des six artistes qu’il produit, dont la jeune humoriste Cas Pucine, révélée dans l’émission « La France a un incroyable talent » (2019).

« Un acharné du travail »

Elle dit de son producteur-coauteur qu’il l’a fait accoucher d’elle-même. « Il a une lucidité acérée dans le travail. C’est un acharné, il peut être très dur mais ça me rassure, je sais qu’il ne me laissera pas y aller tant que je ne suis pas prête. Il sait se rendre disponible, aujourd’hui j’en suis à plus de 115 dates et je lui fais toujours un voice en sortant ! » souligne la vingtenaire qui le considère un peu comme « son grand frère idéal ».

Tous deux partagent en outre la même passion pour les koï japonaises, une espèce de carpes tachetées de rouge et de blanc. « J’en suis complètement fou, mais elles restent dans mon bassin, je ne peux pas les amener au bureau ! » plaisante Jérémy Ferrari, assis derrière son bureau à côté d’un vivarium qui abrite un lézard géant… mexicain. Comme une piqûre de rappel de l’autre vie qu’il aurait pu avoir.

REPERES

Prénom et nom : Jérémy Ferrari

Âge : 37 ans

Etudes : Pas le bac, Cours Florent

Profession : auteur, producteur, metteur en scène

Nationalité : Française

Lieu de travail : Paris, 17e arrondissement



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